Législatives imminentes: L’air de lassitude dans les quartiers populaires

Résignation et fatalisme dans les quartiers populaires

La réalité politique actuelle

Dans les quartiers populaires, le sentiment de résignation, fatalisme et lassitude est palpable. Plus que la colère, la peur ou même l’enthousiasme pour les élections législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet. Pour l’instant du moins. Les résultats des élections européennes, avec le Rassemblement national en tête, n’ont pas suscité de surprise. L’annonce de la dissolution a certes fait réagir, mais sans provoquer ni mouvement de panique ni forte mobilisation.

Coumba Coulibaly, une habitante du quartier, résume la situation politique actuelle en ces termes : "Les jeux sont faits ! L’extrême droite au pouvoir, c’était inévitable, juste une question de temps". Cette jeune femme de 36 ans tient un stand de churros avec sa sœur aînée au stade Henri-Barbusse, à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Le regard sur l’avenir

Avec un regard bravache, elle s’interroge sur ce que pourrait leur apporter de plus l’extrême droite : "Qu’est-ce qu’ils vont nous faire de plus que ce qu’on nous fait déjà ? Ils ne peuvent pas tous nous expulser en quelques années, alors quoi ?". Selon elle, comme pour beaucoup d’autres habitants des quartiers populaires, l’idéologie d’extrême droite a déjà remporté la bataille. Les élections européennes ne font que confirmer une réalité qu’ils disent subir au quotidien.

Ils citent par exemple les discriminations, les insultes racistes, l’isolement, le discours des autorités à l’encontre des musulmans, la politique envers les quartiers et leur jeunesse qualifiée de "délinquante", la loi sur l’immigration, les chaînes d’information continue…

Les partis politiques et leurs thèmes

Diatta Marna, 36 ans, chasseur de têtes pour un cabinet de recrutement européen et sélectionneur de l’équipe de Guinée de la CAN (Coupe d’Afrique des nations) des quartiers, analyse la situation : "Depuis un certain temps, les partis, qu’il s’agisse des Républicains ou de Macron, exploitent les mêmes thèmes : l’immigration, l’islam, la laïcité… Donc oui, l’extrême droite va arriver au pouvoir, c’est inévitable. Je suis résigné".

La montée du racisme

Coumba Coulibaly a récemment été victime de racisme dans le métro, traitée de "sale Noire". Peu de temps avant, une de ses collègues a été insultée de "Sale Nègre". "Ce sont des mots qu’on n’avait pas entendus depuis des décennies, des mots qu’on n’avait pas le droit de dire pendant des décennies, des mots qu’on entend à nouveau", commente-t-elle. Elle évoque même la possibilité de quitter la France pour le Mali, le pays d’origine de ses parents.

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